Des malades contraints de se rendre en Belgique pour bénéficier de cette innovation thérapeutique
Le non-accès au TALVEY talquetamab en France a conduit une douzaine de patients français en rechute, réfractaires aux traitements disponibles en France et sans solution thérapeutique en dehors des soins palliatifs, à se faire soigner en Belgique pour bénéficier de ce médicament. Ce traitement est par ailleurs pris en charge par l’assurance maladie au travers de la procédure de soins à l’étranger (formulaire S2). Pour ces patients l’accès à ce traitement a été un succès, leur offrant ainsi une survie inespérée. Les malades du myélome sont loin d’être un cas isolé. Des personnes atteintes d’autres cancers ou de maladies rares vont à l’étranger pour obtenir un traitement et souvent avec l’obligation, naturellement s’ils en ont les moyens, d’en payer le coût.
Cette situation constitue pour l’AF3M une dérive intolérable, celle d’un système de santé qui n’arrive plus à satisfaire les missions dont il est investi pour les Françaises et les Français.
L’AF3M, comme elle l’a déjà fait dans le passé, dénonce des atteintes toujours plus fréquentes à l’accès aux médicaments innovants. L’environnement de l’évaluation des médicaments est en pleine mutation, un nouvel équilibre se met en place entre les instances européennes et les états membres. Hélas nous constatons en France de plus en plus de disparités que nous jugeons incompréhensibles et inacceptables.
En janvier 2026, nous avons été reçus par les présidents de la HAS et de la Commission de la Transparence (CT). S’ils ont reconnu notre légitimité à porter la voix des malades et de leurs proches, ils ont défendu et maintenu pour le TALVEY leurs principes habituels d’évaluation.
À aucun moment ils n’ont voulu prendre en compte la situation particulière des malades sans solution thérapeutique pour qui le critère de comparaison entre le nouveau traitement et un traitement dit de référence n’a, de notre point de vue, plus aucun sens, le traitement de référence étant synonyme d’échec ou même de décès.
En mars dernier, l’AF3M a diffusé, un communiqué de presse dénonçant ces pratiques lors du Congrès de la SFH. Elle a bénéficié du soutien des hématologues et de l’IFM.
L’AF3M va mobiliser à nouveau ses adhérents et ses sympathisants dans des actions d’information de leurs élus députés et sénateurs pour qu’ils s’emparent du sujet et qu’ils agissent sur le cadre législatif du dossier.
Parallèlement aux actions spécifiques concernant notre maladie, nous avons décidé de nous coordonner avec les associations impliquées comme nous dans la lutte pour l’accès aux traitements innovants en saisissant les différentes institutions, administrations et groupes de travail concernés par le cancer et l’accès aux traitements innovants, et en conduisant des actions de plaidoyer.
Une tendance préoccupante pour l’avenir
En 2026 nous vivons ce paradoxe inacceptable : grâce aux nouvelles thérapeutiques les hématologues commencent à envisager une guérison possible du myélome et dans le même temps nous sommes confrontés de nouveau à la menace que ces traitements salvateurs soient inaccessibles pour les malades français. Au regard de la position de la HAS, nous pouvons craindre que les très nombreuses innovations thérapeutiques dans le myélome arrivant prochainement sur le marché ne soient hélas pas disponibles en France. Certains laboratoires pharmaceutiques se posent même la question de l’intérêt de demander un accès précoce pour leurs nouveaux traitements, preuve des difficultés actuelles et qui semblent devoir s’amplifier dans les années à venir.

